Traduction médicale : conformité avec les normes terminologiques et règlementaires

Si vous vous intéressez à la littérature médicale, vous serez certainement au courant qu’un bon nombre d’erreurs thérapeutiques sont dues à des abréviations ambiguës, des imprécisions dans le texte d’origine. On se rend donc bien compte que lors d’un processus d’internationalisation, le rôle du traducteur est d’une importance capitale et son travail ne doit pas être négligé.

Par le passé, les erreurs de traduction dans le secteur de la médecine ont été révélées au grand public créant une véritable stupéfaction. Celle que nous considérons comme la plus grave s’est déroulée en Floride, le 22 janvier 1980. C’est l’histoire de Willie Ramirez, un Cubain tout juste âgé de 18 ans. Se trouvant dans un état de coma, il a été amené d’urgence à l’hôpital. À son arrivée dans l’établissement américain, sa famille ne put s’exprimer sur les causes probables de cet accident (car elle ne parlait pas anglais). Le médecin qui s’est occupé de lui avait quelques notions d’espagnol et compris le mot « intoxicado » comme « intoxicated ») qui, cependant n’a pas la même signification. Le mot anglais suppose une éventuelle prise de drogues. Malheureusement, l’histoire se finira mal : ce jeune cubain n’avait pas pris de la drogue mais a été la victime d’une hémorragie cérébrale. Puisqu’aucun traitement adapté ne lui avait été administré, il est devenu tétraplégique. L’hôpital a été condamné à verser à la famille de la victime une somme de 70 millions de dollars.

Autre exemple ? Peut-être avez-vous déjà entendu parler de l’affaire des prothèses en ciment qui s’est avérée fortement préjudiciable pour 47 patients allemands. En effet, la traduction de l’étiquette sur la prothèse ne mentionnait pas l’ajout de ciment alors que le texte d’origine, si : « non-modular cemented » ; là aussi, les dommages auraient pu être évités sans cette erreur de traduction.

La santé est une composante importante de notre société et la promotion des médicaments doit intervenir avec les mots justes, sans jamais créer de confusion auprès du public cible.

Mais lorsque l’on traduit pour le secteur médical, il faut également prendre en compte l’aspect règlementaire de la question. En effet, les termes choisis dans une publicité pour un médicament diffusé aux États-Unis devra être différent de celui à utiliser dans la version française, en ce que le marketing pharmaceutique n’est pas régi de la même manière dans les deux pays. Comme dans la plupart des pays du monde, la publicité des médicaments  délivrés uniquement sur ordonnance fait l’objet de contrôles rigoureux en France, par le Code de Santé Publique (CSP). La promotion des produits de santé sur Internet est contrôlée par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) qui publie une Charte pour la communication et la promotion des produits de santé. La publication publicitaire est quant à elle soumise au contrôle d’un pharmacien responsable qui doit s’assurer que celle-ci ne présente aucun danger pour la santé publique, qu’elle soit véridique et qu’elle respecte l’Autorisation de Mise sur le Marché. Ce n’est pas le cas aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. En effet, dans le premier cas, la publicité directe (Direct-to-consumer advertising, en anglais), représente une démarche légale depuis 1985, mais très peu de laboratoires y avaient recours en raison de la législation stricte qui les obligeait à faire la liste de tous les effets secondaires.

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