Panorama du monde du sous-titrage

Mes collègues de Studio Moretto recevant souvent des demandes pour réaliser des projets de SOUS‑TITRAGE, j’ai eu l’idée d’écrire un bref article sur ce sujet.

Introduction

Un sous‑titre est une surimpression qui apparaît sur la partie inférieure d’un écran (cinématographique, de télévision, de PC, etc.) et qui correspond à la transcription ou traduction de l’audio de la version originale de la vidéo ou du film. Le sous-titrage est donc l’action d’écrire ou de traduire cet audio, de le convertir en un format de texte afin de pouvoir ensuite l’incorporer comme sous‑titre dans le film ou la vidéo.

Ci-dessous, sont listées quelques-unes des activités liées au sous-titrage :

Transcription : cela consiste à représenter les éléments phonétiques, phonologiques, lexicaux ou morphologiques d’une langue ou d’un dialecte grâce à un système d’écriture. La transcription de l’audio peut parfois être réalisée pour les raisons suivantes : l’orateur ne communique pas dans sa langue maternelle et commet diverses erreurs ou sa prononciation n’est pas distincte, ce qui rend la compréhension difficile, ou alors, l’audio est de mauvaise qualité, saturé de bruits de fond.

Traduction : c’est l’action de convertir un texte d’une langue source vers une autre langue. Il s’agit ici de traduire l’audio de la vidéo.

Incorporation des sous-titres : cette activité a pour objectif de faire apparaître les sous-titres à l’écran. Pour cela, nous utilisons des logiciels spécialisés.

Une histoire possible du sous-titrage

Il y a quelques années encore, cette activité appartenait à un monde très spécifique qu’est celui du CINÉMA. Comme nous le savons, le CINÉMA était à l’origine muet, puis grâce aux évolutions technologiques, il a été possible de donner de la parole aux acteurs. L’étape suivante a été de réaliser ce même film avec des acteurs espagnols, français ou italiens afin d’obtenir une diffusion plus large et qui ne soit plus limitée aux pays anglophones (la crise de 1929 obligeant les industries à chercher de nouveaux horizons). Mais cette idée fut un échec, et c’est ainsi que sont nés les concepts de DOUBLAGE et le SOUS‑TITRAGE. Ce fut le doublage qui a eu plus grand succès car il présente certains « avantages » face au sous-titrage : par exemple, il n’est pas nécessaire de se concentrer sur la lecture des sous‑titres et d’autre part, l’analphabétisme était à cette époque encore relativement élevé et nombreux étaient ceux qui ne savaient pas lire.

Nécessité de sous-titrage

Ce besoin en sous-titrage est né afin de rendre les vidéos accessibles aux personnes qui ne connaissent pas la langue de l’audio original ou qui ont des problèmes auditifs (surdité ou déficiences auditives).

Règles fondamentales en sous-titrage

Pour réaliser un sous-titrage de qualité, il nous faut disposer des éléments suivants :

Une traduction optimisée car nous disposons d’un temps limité et d’une quantité de caractères à respecter par ligne traduite.

La synchronisation entre l’audio et le sous-titre doit être la plus précise possible, tout en prenant en compte les silences, les pauses, les introductions ou les changements de scènes avec fonds musicaux, etc.

Facilité de lecture : il est important de respecter un nombre maximal de caractères par ligne afin de permettre une lecture aisée.

Normes de sous-titrage

En faisant des recherches pour savoir s’il existe une norme à suivre en matière de sous-titrage, je n’ai trouvé aucune information pouvant s’appliquer à l’échelle mondiale. Il existe néanmoins certaines normes selon les pays, comme celle créée par ADA aux États-Unis, dont l’objectif est de permettre l’égalité des opportunités pour les personnes souffrant de handicap, notamment de problèmes de vue. Cette norme propose que les sous-titres soient comme suit :

D’une à trois lignes.

32 caractères par ligne.

Intégralement synchronisés avec l’audio.

Aucun élément graphique ou tout autre élément essentiel de l’écran ne doit être masqué.

Utilisation de la police de caractères Helvetica Medium.

Utilisation des majuscules et minuscules.

La mise en application de cette norme n’est pas forcément évidente, surtout s’il s’agit de sous-titres de produits ou services qui doivent être commercialisés, ou s’il s’agit de vulgarisation scientifique, car elle n’est pas très attractive visuellement. Personnellement, je préfère le modèle suivant qui respecte la lecture aisée et qui est visuellement plus attractive.

Une ligne

70 caractères maximum

30 caractères minimum

Intervalle maximal de 7 secondes

Intervalle minimal de 4 secondes

Intégralement synchronisés avec l’audio.

Aucun élément graphique ou tout autre élément essentiel de l’écran ne doit être masqué.

Utilisation de la police de caractères Helvetica Medium ou similaire.

Utilisation des majuscules et minuscules.

Sous-titres externes ou incrustés

Pour regarder un DVD avec des sous-titres, il nous suffit de sélectionner une des langues proposées dans le menu principal et les sous-titres apparaissent à l’écran comme par magie, ce DVD contenant les fichiers au format .srt, .sub, .smi, .txt, .aqt, .jss, .js, etc. permettant d’afficher les sous-titres. Cette typologie caractérise les fichiers de sous-titres externes qui ne font pas partie de la vidéo mais qui sont additionnels et qui peuvent être sélectionnés ou non.

Les sous-titres incrustés, quant à eux, sont directement intégrés sur les images de la vidéo.

Logiciel

Il existe des logiciels permettant de faciliter la création et l’édition de sous-titres. Ces logiciels contiennent des lecteurs de vidéos munis d’utilitaires qui permettent de synchroniser un fichier vidéo avec un fichier de sous-titres. Par exemple : Gaupol, Camtasia, Subtitle Edit.

 Enfin, il convient d’ajouter qu’il peut être utile de vérifier que les fichiers de sous-titres ont été créés en utilisant une codification évitant toute mauvaise surprise, comme UTF-8.

Bon visionnage…

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