La langue française ne s’est pas construite en un seul jour, elle s’est structurée au fil des siècles, à la suite de changements sociaux et historiques. Nous vous parlerons aujourd’hui de l’invasion des populations germaniques : les Francs occupèrent le nord de la Gaule tandis que les Wisigoths s’intéressèrent au Sud du territoire, les Burgondes au centre-ouest et les Alamans prirent une partie de l’Alsace actuelle.

La première occupation et la plus importante, celle qui donna son nom à notre pays, remonte au Vème siècle après J-C avec la conquête des Francs.

Ce peuple, qui s’établit sur notre territoire pendant plusieurs siècles, laissa des traces de sa langue, le francique, qui a apporté environ 500 mots à notre langue que l’on peut notamment retrouver dans le Dictionnaire historique de la langue française (Sous la direction d’Alain Rey). Il s’agit d’une langue substrat, c’est-à-dire que l’envahisseur s’est adapté à la langue locale au détriment de sa langue maternelle, mais il reste encore aujourd’hui des traces évidentes de la présence germanique en Gaule.

Les Germains sont réputés pour leur esprit belliqueux et nous ont donc fourni de nombreux termes liés au vocabulaire militaire : « guerre, heaume, hache, héraut » mais aussi au concept de victoire donnant ainsi naissance au mot « gagnant ». L’art équestre a lui aussi subi les influences des langues germaniques auxquelles nous devons des termes comme « galoper, trotter, éperon, étrier ». Les Francs imposèrent leurs techniques et nous ont transmis par la même occasion certains termes appartenant au lexique de la vie rurale, par exemple « hameau, jardin, marais, cresson, gruau » et bien d’autres encore. L’expression de certains sentiments forts est également à attribuer aux langues germaniques, comme c’est le cas pour « haine, orgueil ».

Au 10ème siècle après J-C, la Normandie fut colonisée par les Vikings qui, du fait de leur grande qualité de marins, ont intégré à la langue française du vocabulaire lié à la navigation et à l’univers maritime ; ainsi, nous leur sommes redevables de termes tels que : « étrave, flotte, étambot, vague, crabe, homard, matelot, hisser, étai ».

Par ailleurs, les peuples germaniques ont également apporté le suffixe -ard (hard = fort, puissant) qui a, dans un premier temps, donné lieu à la création de prénoms comme Bernard ou Richard ; puis cette forme lexicale à commencer à assumer une connotation péjorative : « binoclard, ringard, trouillard ».

Dans un passé récent, la langue allemande a enrichi nos glossaires sur la guerre  avec des unités lexicales comme « führer, bunker ou encore putsch » mais aussi « choucroute, valse, calèche et vasistas ». Ce dernier proviendrait de la forme interrogative « Was is das » posés aux Français auprès des guichets allemands du 18ème siècle et entré dans le dictionnaire de l’Académie française en 1798. Entre le 16ème et 18ème siècle, l’Allemagne nous a fourni de nombreux termes relatifs au domaine de la mine tels que « cobalt, gangue, zinc, quartz » ou encore « feldspath ». Mais c’est au 19ème et 20ème, époque phare du rayonnement de l’Allemagne tant sur le plan scientifique que philosophique, que le français a emprunté le plus de termes à ses voisins allemands : « morphologie » créé par Goethe ou encore « schizoïde » pour la terminologie médicale.

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