En 1539, François 1er, roi de France, édicta l’ordonnance de Villers-Cotterêts, le texte législatif qui imposa l’utilisation du français dans tous les actes officiels devenant ainsi une langue juridique et administrative. Au XVIIIème siècle, la langue de Molière devint la langue des aristocrates, des personnes cultivées mais également la langue de la diplomatie avant d’être détrônée par l’anglais. Face à cette situation, les Français réagissent dans le but de préserver leur langue : en 1972, il a été décidé de créer des commissions ministérielles de terminologie pour l’enrichissement de la langue française. De même, la loi Toubon de 1996 impose l’utilisation de la langue française : « Elle [la langue française] est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics (article premier) ». Nous vous proposons ici un aperçu des mesures et organisations visant à la défense et à l’enrichissement de la langue française.

L’Académie française est l’institution qui fixe les règles de la langue française. Elle a été créée en 1635 sous l’influence d’intellectuels, de poètes, de romanciers et compte 40 membres appelés « académiciens ». L’article 24 des Statuts stipule : « La principale fonction de l’Académie sera de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». En effet, l’institution doit codifier les usages de la langue (orthographe, nomenclature, règles de grammaire…) notamment par l’élaboration d’un Dictionnaire.

Le travail des grammairiens et autres spécialistes du français ont permis de simplifier l’orthographe en faisant notamment disparaître une consonne au bénéfice d’un accent circonflexe. Au XVIIème siècle, l’institution commença à récompenser les personnes œuvrant en faveur de la langue française avec en 1671, l’attribution du premier prix d’éloquence et de poésie. En 1694, l’Académie publie le premier Dictionnaire contenant environ 18 000 mots et fournit des définitions générales accompagnées d’exemples (à ce jour, neuf dictionnaires ont été édités dont la dernière publication renferme 35 000 mots appartenant également à des domaines scientifiques et techniques).

Le développement de l’institution scolaire du XIXème siècle nécessita une standardisation plus importante afin de fournir des règles solides à enseigner aux élèves. En 1972, des commissions ministérielles de terminologie et de néologisme procèdent à quelques rectifications s’agissant d’emprunts anglais. Ainsi, l’expression « tie-break » fut abandonnée au bénéfice de « jeu décisif » et « baladeur » vint se substituer au célèbre « walkman ».

La féminisation des noms de métiers a suscité de vives réactions au sein de l’Académie. En effet, dans la langue française, le genre masculin est non marqué, il se réfère donc tant à des hommes qu’à des femmes. Ce qui n’est pas le cas du genre féminin, en optant pour une féminisation des métiers et des fonctions, le locuteur créé l’effet inverse.

Chaque année, l’Académie française attribue des prix littéraires, parmi lesquels on retrouve le prestigieux « Grand prix de littérature de l’Académie française » ; créé en 1911, il récompense un écrivain pour « l’ensemble de son œuvre ». L’heureux vainqueur de cette année a été Michel Butor. L’institution accorde une importance toute particulière à la diffusion de langue française dans le monde entier et remet à ce titre le « Grand prix de la francophonie » qui a été décerné en 2012 à l’écrivain algérien Boualem Sansal qui lutte en faveur de la liberté de parole, de culture et de religion dans son pays.

La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) a été créée en 1958 et dépend du Ministère de la Culture. Elle s’inscrit dans la lignée du « Cercle de Presse Richelieu » fondé par Paul Camus pour remédier à la dégradation de la langue française dans la presse. En 1966, la DGLFLF n’existait pas encore sous ce nom mais sous l’appellation « Haut Comité pour la défense et l’expansion de la langue française ». En 1984, ce Haut Comité a été remplacé par le Comité consultatif et le Commissariat général à la langue française qui intègrent dans leurs missions l’objectif de répandre les langues de France à l’égard des langues étrangères. Notons qu’en 1998, la ministre de la culture et de la communication, Catherine Trautmann émit le projet de valoriser les langues régionales, une première dans l’histoire de la langue française qui témoigne probablement du déclin de ces dernières.

Cette association contribue à l’enrichissement de la langue française par l’intermédiaire de sa commission générale de terminologie et néologisme qui œuvre en faveur de la francisation de nombreux termes anglais. Ce fut notamment le cas de « monospace » qui se veut la traduction de « minivan »ou encore « cédérom » pour « CD-Rom ».

La Délégation générale à la langue française et aux langues de France participe également à l’attribution du prix de la Carpette anglaise décerné aux personnes ayant contribué à envahir la langue française de termes anglo-américains. Cette année, c’est Geneviève Fioraso qui a été « récompensée » pour son projet de loi sur l’enseignement en anglais (vous trouverez l’historique de toutes les Carpettes anglaises en cliquant sur ce lien).

Enfin, cette organisation met en place plusieurs concours visant à valoriser les personnes qui se soucient de la langue française et de sa bonne conservation. Le Prix Richelieu récompense notamment les journalistes dont l’expression témoigne d’un souci pour la langue française. Parmi les heureux élus, nous pouvons citer Claire Chazal, présentatrice et rédactrice en chef du journal télévisé de TF1, Yves Calvi, chroniqueur sur la station de radio RTL mais également beaucoup d’autres…

Autre concours qui s’adresse cette fois aux plus jeunes : le Plumier d’Or pour lequel des élèves de quatrième sont évalués sur des exercices de langue ainsi que sur une expression écrite.

Enfin, la Plume d’Or s’adresse aux Alliances françaises présentes dans le monde entier constituant ainsi un vecteur important de la francophonie à l’échelle internationale.

D’autres associations se veulent les partisans de la française :

  • Avenir de la langue française
  • Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique
  • Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française
  • Association Francophonie avenir

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